ACTUALITES:
Accueil » fables d'Esope » Du Chat et des Rats

Du Chat et des Rats

le-chat-et-la-souris

Un Chat, la terreur des Rats, en avait presque détruit l’engeance. Il eut bien voulu croquer le peu qui en restait ; mais le malheur des premiers avait rendu les derniers plus sages. Ceux-ci se tenaient si bien sur leurs gardes qu’il n’était pas aisé de les avoir.  » Je les aurai pourtant, dit le Chat, et bon gré mal gré qu’ils en aient.  » Cela dit, il s’enfarine et se blottit au fond d’une huche. Un Rat qui l’aperçut le prit pour quelque pièce de chair, et s’en approcha ; le Chat se retourne aussitôt sur ses deux pattes, et lui fait sentir sa griffe. Un second vint après, puis un troisième, qui fut suivi de plusieurs autres, et de ceux-ci pas un ne s’en retourna. Cependant un dernier, vieux et ratatiné mit la tête hors de son trou, et d’abord regarda de tous côtés ; puis de là, sans vouloir s’avancer plus loin, se mit à contempler le bloc enfariné ; enfin secouant la tête,  » À d’autres, mon ami s’écria-t-il ; il ne te sert de rien à mon égard de t’être ainsi blanchi ; quand tu serais farine, sac, huche, ou tout ce qu’il te plaira, je n’en approcherais pas en mille ans une fois. « 

Autre version

 » Le Chat et le rat «  – Une maison était infestée de rats. Un chat, l’ayant su, s’y rendit, et, les attrapant l’un après l’autre, il les mangeait. Or les rats, se voyant toujours pris, s’enfonçaient dans leurs trous. Ne pouvant plus les atteindre, le chat pensa qu’il fallait imaginer quelque ruse pour les en faire sortir. C’est pourquoi il grimpa à une cheville de bois et, s’y étant suspendu, il contrefit le mort. Mais un des rats sortant la tête pour regarder, l’aperçut et dit : « Hé ! l’ami, quand tu serais sac, je ne t’approcherais pas. »

[quote style= »1″]Cette fable montre que les hommes sensés, quand ils ont éprouvé la méchanceté de certaines gens, ne se laissent plus tromper à leurs grimaces.[/quote]

Αἴλουρος καὶ μύες

Ἔν τινι οἰκίᾳ πολλοὶ μύες ἦσαν. Αἴλουρος δὲ τοῦτο γνοὺς ἦκεν ἐνταῦθα καὶ συλλαμβάνων ἕνα ἕκαστον κατήσθιεν. Οἱ δὲ μύες συνεχῶς ἀναλισκόμενοι κατὰ τῶν ὀπῶν ἔδυνον, καὶ ὁ αἴλουρος μηκέτι αὐτῶν ἐφικνεῖσθαι δυνάμενος, δεῖν ἔγνω δι’ ἐπινοίας αὐτοὺς ἐκκαλεῖσθαι. Διόπερ ἀναβὰς ἐπί τινα πάσσαλον καὶ ἑαυτὸν ἐνθένδε ἀποκρεμάσας προσεποιεῖτο τὸν νεκρόν. Τῶν δὲ μυῶν τις παρακύψας, ὡς ἐθεάσατο αὐτὸν, εἶπεν· « Ἀλλ’, ὦ οὗτος, σοί γε, κἂν θύλαξ γένῃ, οὐ προσελεύσομαι. »

[quote style= »1″]Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι οἱ φρόνιμοι τῶν ἀνθρώπων, ὅταν τῆς ἐνίων μοχθηρίας πειραθῶσιν, οὐκέτι αὐτῶν ταῖς ὑποκρίσεσιν [ οὗτοι ] ἐξαπατῶνται.[/quote]

 

  • Esope – (VIIe-VIe siècle av. J.-C)

Le Chat et un vieux Rat

J’ai lu, chez un conteur de fables,
Qu’un second Rodilard, l’Alexandre des chats,
L’Attila, le fléau des rats,
Rendait ces derniers misérables.
J’ai lu, dis-je, en certain auteur
Que ce chat exterminateur,
Vrai Cerbère, était craint une lieue à la ronde:
Il voulait de souris dépeupler tout le monde.
Les planches qu’on suspend sur un léger appui,
La mort aux rats, les souricières,
N’étaient que jeux au prix de lui.
Comme il voit que dans leurs tanières
Les souris étaient prisonnières,
Qu’elles n’osaient sortir, qu’il avait beau chercher,
Le galant fait le mort, et du haut d’un plancher
Se pend la tête en bas. La bête scélérate
A de certains cordons se tenait par la patte.
Le peuple des souris croit que c’est châtiment,
Qu’il a fait un larcin de rôt ou de fromage,
Egratigné quelqu’un, causé quelque dommage;
Enfin, qu’on a pendu le mauvais garnement.
Toutes, dis-je, unanimement
Se promettent de rire à son enterrement,
Mettent le nez à l’air, montrent un peu la tête,
Puis rentrent dans leurs nids à rats,
Puis ressortant font quatre pas,
Puis enfin se mettent en quête.
Mais voici bien une autre fête:
Le pendu ressuscite; et sur ses pieds tombant,
Attrape les plus paresseuses.
«Nous en savons plus d’un, dit-il en les gobant:
C’est tour de vieille guerre; et vos cavernes creuses
Ne vous sauveront pas, je vous en avertis:
Vous viendrez toutes au logis.»
Il prophétisait vrai: notre maître Mitis
Pour la seconde fois les trompe et les affine,
Blanchit sa robe et s’enfarine;
Et de la sorte déguisé,
Se niche et se blottit dans une huche ouverte.
Ce fut à lui bien avisé:
La gent trotte-menu s’en vient chercher sa perte.
Un rat, sans plus, s’abstient d’aller flairer autour:
C’était un vieux routier, il savait plus d’un tour;
Même il avait perdu sa queue à la bataille.
«Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille,
S’écria-t-il de loin au général des chats:
Je soupçonne dessous encor quelque machine:
Rien ne te sert d’être farine;
Car, quand tu serais sac, je n’approcherais pas.»
C’était bien dit à lui; j’approuve sa prudence:
Il était expérimenté,
Et savait que la méfiance
Est mère de la sûreté.

  •  Jean de la Fontaine – (1621 – 1695)

Le chat pendu et les rats

Un Chat se pendit par la patte, et faisant le mort, attrapa plusieurs Rats. Une autre fois il se couvrit de farine. Un vieux Rat lui dit : – Quand tu serais même le sac de la farine, je ne m’approcherais pas. –

Le plus sûr bien souvent est de faire retraite
Le Chat est Chat, la Coquette est Coquette.

  • Charles Perrault – 1628 – 1703

 

 

bg

A voir aussi :

Le Renard et le Bûcheron

Un renard qui fuyait devant des chasseurs aperçut un bûcheron, et le supplia de lui …

Esope, fable, le Grison et sa Maîtresse

Le Grison et sa maîtresse

« Le Grison et sa maîtresse » – Un grison avait deux maîtresses, l’une jeune et l’autre …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge