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Florian le Fabuliste

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Guy Le Ray a publié un recueil de fables et poèmes fin 2008 (La librairie Galerie Racine).
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Jean-Pierre Claris de Florian
Jean-Pierre Claris de Florian

Auteur de théâtre, de contes, de poèmes, de pastorales, de nouvelles, traducteur du Don Quichotte de Miguel de Cervantes, élu à l’Académie Française en 1788, à l’âge de 33 ans, Jean-Pierre Claris de Florian est passé à la postérité grâce à ses fables. Il s’y consacra pendant de longues années après avoir écouté le conseil de son protecteur et ami le Duc de Penthièvre, qui un jour lui suggéra : « essayez de faire des fables ». Selon ses propres dires, il était conscient de la difficulté de se hisser au niveau de la Fontaine, aussi s’employa-t-il à travailler ses textes avec constance, acharnement et ne les publia-t-il qu’en 1792, quelques années avant sa mort.

Vers l’âge de 10 ans, il eût la chance de vivre chez Voltaire à Ferney dont il était le neveu « par ricochet » selon les propres termes de Voltaire, l’oncle de Florian ayant épousé une nièce de Voltaire. Le grand écrivain fut séduit par la vivacité de Florian, sa gaieté, ses réparties, tout comme le fut le Duc de Penthièvre chez lequel il entra comme page, puis comme Capitaine dans son régiment de dragons. Florian abandonna la carrière militaire et le Duc de Penthièvre le nomma gentilhomme ordinaire de sa Maison, ainsi put-il se consacrer entièrement à la littérature. Grâce en particulier à son théâtre il connut alors le succès.

Ce sont ses fables qui lui assurèrent notoriété et postérité. Elles s’inscrivent dans le l’esprit du siècle des Lumières. Le style est plaisant, alerte, gracieux, il y transparaît sa sensibilité, son imagination, son amour de la nature, il y appose des morales justes. De ses fables, ne sont exclus ni railleries, ni esprit. Comme beaucoup de fabulistes, La Fontaine en étant le meilleur exemple, il s’est inspiré de sujets traités par ses prédécesseurs, mais laissons-lui la parole sur ce point : « J’ai lu beaucoup de fabulistes, et lorsque j’ai trouvé des sujets qui me convenaient, qui n’avaient pas été traités par La Fontaine, je ne me suis fait aucun scrupule de m’en emparer. J’en dois quelques-uns à Ésope, à Bidpaï (ou Pilpay), à Gay, aux fabulistes allemands, beaucoup plus à un Espagnol nommé Yriarte, poète dont je fais le plus grand cas et qui m’a fourni mes apologues les plus heureux ».

Quel dommage que ses fables soient quasiment disparues de l’enseignement scolaire ! Et pourtant que de fois n’entendons-nous pas des citations provenant de ses fables :

– Rira bien qui rira le dernier ¹
– À chacun son métier, les vaches seront bien gardées ²
– Pour vivre heureux vivons caché ³

Comble de l’ironie, vous pouvez en faire l’expérience en demandant de qui sont ces morales, il vous sera presque toujours répondu : la Fontaine.

À l’heure de la Révolution, Florian adhéra à son œuvre novatrice. Il devint même Commandant de la Milice bourgeoise de Sceaux. Lorsque la Révolution tomba dans la suspicion, les origines nobles de Florian se retournèrent contre lui et il fut inscrit sur la liste des proscrits. Malgré l’intervention de ses amis, il ne put sortir de la prison où on l’avait enfermé, d’autant qu’on lui reprochait d’avoir dédié en 1788 à la Reine Marie-Antoinette son épopée pastorale Numa Pompilius. La chute de Robespierre le 9 Thermidor lui rendit la liberté, mais cette épreuve l’avait profondément affecté physiquement et moralement. Il mourut quelque temps après le 12 septembre 1794, il n’avait pas quarante ans.

N’est-il pas temps pour certains de découvrir, pour d’autres de retrouver le plaisir de la lecture des fables de Florian. Le meilleur hommage à lui rendre ne serait-il pas que dans les écoles on puisse encore lire et apprendre quelques unes de ses meilleurs fables en même temps que celles de La Fontaine !

Dans un tout autre domaine que celui de la fable, il est un texte de Florian qui a parcouru le monde et traversé les générations, c’est celui de la chanson Plaisir d’amour, texte tiré de la Nouvelle Célestine. Qui n’a pas chanté, murmuré ou entendu cette chanson ?

¹Les deux paysans et le nuage
²Le vacher et le garde chasse
³Le grillon

  • « Florian le Fabuliste » – par Guy Le Ray, publié le 22 Mai 2015.

Les éditos de Guy Le Ray:

 

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2 commentaires

  1. Bel hommage à un des plus grands fabulistes. Comme le commentaire précédent, dommage qu’il soit peu connu… Les connaisseurs , eux , l’apprécient. Bravo pour le texte. Je prend note, ça peut me servir… Merci

  2. Mon précédent commentaire a été effacé ? – Oui dans lequel je disais que Florian, a eu la malchance d’être né après La Fontaine, un peu comme Cocteau qui décède en même temps que Piaf…. Peut-on choisir le jour de son arrivée ou de son départ ? Non!
    Sinon sa carrière de fabuliste aurait été plus glorieuse et à juste titre… Car il l’aurait mérité…
    Bel hommage pour ce fabuliste mis de coté… Quel dommage!!!!

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