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La Besace analysée par Charles Hygin-Furcy

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Fable La Besace analysée par C. Hygin-Furcy :

(Livre I.—Fable 7.)

Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous.
Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes;
On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain.

HENRI VIII ET SES CRIMES (1509-1547).

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Parmi les exemples de cet aveuglement qui rend les hommes, comme dit La Fontaine, « Lynx envers leurs pareils et taupes envers eux » en est-il un plus frappant que celui du roi d’Angleterre Henri VIII, qui, souillé de tous les crimes, eut l’audace de se poser en théologien et en chef de religion réformée ? Soulevons un instant ces pages sanglantes pour connaître jusqu’où peut aller l’amour-propre et la vanité de l’homme, quand Dieu se retire de son cœur et l’abandonne à ses passions.
Roi à dix-huit ans d’un des plus puissants royaumes de l’Europe, Henri ne manquait ni de bravoure dans les combats, ni de talent pour l’administration : il vainquit les Ecossais et lit avec avantage la guerre à François Ier. Il avait épousé , dès son adolescence, Catherine d’Aragon, princesse aussi bonne que vertueuse, dont il avait eu cinq enfants : depuis longtemps le prince dégoûté de sa compagne, se livrait au plus grand libertinage , quand la vue d’Anna Boleyn l’enflamma d’un tel amour qu’il ne songea rien moins, pour pouvoir l’épouser, qu’à répudier sa femme légitime.
Henri VIII prétextant de vains scrupules sur l’union qu’avait d’abord contractée Catherine avec le prince de Galles, son frère aîné, proposa au pape Clément VII de vouloir rompre son mariage , en alléguant que des passages de l’Ecriture défendaient absolument d’épouser la veuve de son frère, et que cette union était incestueuse et coupable. Comme le pape refusa de se prêter aux désirs criminels du roi d’Angleterre, ce monarque méprisa la bulle et l’excommunion, et après avoir honteusement divorcé ayec sa femme légitime, il épousa Anna Boleyn, s’affranchit lui et ses sujets de la suprématie du Saint-Siège, et se déclara lui-même le chef de cette secte schismatique. Il fit jeter en prison, où bientôt il mourut, le cardinal Wolsey, jadis son conseiller et son favori, sur le seul motif qu’il s’était opposé à ses projets d’union avec Anna Boleyn ; il fit aussi décapiter le vertueux Thomas Morus pour la même cause.
Bientôt lassé de cette union pour laquelle il avait déjà commis tant de crimes, le Néron anglais, sous un vain prétexte de jalousie, ordonna de faire le procès à Anna Boleyn, et lui fit trancher la tête. La vérité est qu’il voulait se défaire d’Anna pour s’unir à Jeanne Seymour, qu’il aimait déjà : il eut l’impudence de la conduire à l’autel le lendemain de cette sanglante exécution.
La nouvelle reine ne jouit pas longtemps de sa fortune ; elle mourut deux jours après avoir doté l’Angleterre d’un héritier. Henri VIII montra peu de douleur, et pour se distraire se jeta dans des disputes théologiques où il débattait et discutait les plus hautes questions religieuses, réformant, disait-il, les abus, ce qui lui fit ordonner la destruction de toutes les reliques et images de saints. On fit le procès aux mânes de saint Thomas de Cantorbéry dont les restes furent brûlés par la main du bourreau et les cendres jetées au vent. Une quantité de bûchers se dressèrent et les victimes y périrent en foule.
A la lueur de ces bûchers, dignes feux de joie d’un pareil tigre, Henri se remaria pour la quatrième fois à Anne de Clèves, dont on lui avait envoyé un portrait admirable par sa beauté : quand le prince la vit, il la trouva laide et mal faite, la traita avec le dernier mépris, et dès le lendemain chercha à casser son mariage, ce à quoi il parvint Enfin ce monstre couronné mourut dans la plus affreuse agonie, délivrant ainsi la terre de son odieuse présence. Ce qui étonne, en lisant l’histoire de son règne, c’est la servilité, la lâcheté même des ministres et des courtisans, qui applaudissaient pour ainsi dire à tant de forfaits, tant la crainte a de pouvoir sur les âmes vulgaires ! Ils savaient que sur le moindre soupçon Henri VIII faisait mettre à la torture, exécuter ou brûler les innocents, tout en s’appuyant sans cesse sur les versets de l’Écriture sainte, les Évangiles et les Pères de l’Église. Ce roi avait la plus haute idée de ses capacités théologiques ; il se disait: « l’image de Dieu sur la terre ; lui désobéir, c’était désobéir à Dieu même ; limiter son autorité ou la mettre en doute, c’était offenser le Seigneur; douter de son infaillibilité, c’était enfin une impiété digne de mort. » Que cet exemple justifie bien la parole du sage : « On se voit d’un autre œil qu’on ne voit son prochain ! »

  •  La Besace analysée par Charles Hygin-Furcy , 18??

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