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La petite Souris, fable de Belouino

001 Paul Belouino :

Après ce que je viens de faire,
Disait une jeune souris,
Qu’on me fasse partir en guerre.
C’est le moindre de mes soucis.
La-bas, trouvant la porte ouverte,
J’entre dans la salle à manger.
Tout à coup, grand Dieu ! quelle alerte !
Bien vite il faut déménager.
Je venais de me mettre à table ;
J’allais faire un si bon repas !
J’entends un bruit épouvantable,
Tout craque… c’est un bruit de pas.
Allons, prestement, ma petite,
Bien vite un trou pour t’y fourrer.
Croyant que je me précipite
Sans doute pour la dévorer,
La fille du propriétaire,
En entrant, pousse de grands cris,
Disant : « Au secours ! Ciel ! mon père,
« Voyez, voyez, une souris ! »
— « Je fais trembler l’espèce humaine.
» Ah ! je ne me connaissais pas !
» Par monts, par vaux, sans être en peine
» Je puis partout porter mes pas. »
— « Voyez donc cette péronnelle,
» Dit la mère, avec ses propos.
« Moins sotte, cette demoiselle
» Sous son pied t’eût brisé les os.
« Va, depuis que le monde existe,
» Au temps passé comme aujourd’hui.
» De beaucoup, le succès consiste
» Dans la sottise d’autrui. »

« La petite Souris »

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