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Le Miroir de la fable

001 Paul Belouino :

Un homme avait à son service
Un instrument original.
Chacun y pouvait voir son vice
Physique ou moral.
Il suffisait qu’une personne
A la lunette regardât
Pour que l’instrument lui montrât
Tous ses défauts, d’une façon bouffonne.

Un bossu rit d’un air malin,
Par la lunette il se contemple.
« Quel dos !  dit-il, ah ! par exemple
C’est bien le portrait du voisin. »

Une coquette, on le devine
Rien qu’à la voir, dit : « C’est charmant !
Quel air, mon Dieu ! c’est ma voisine.
Le délicieux instrument ! »

Un sot vient là mettre sa tête ;
En se voyant, il dit soudain :
« C’est parfait. Mon Dieu, quel air bête !
C’est la tête de mon voisin ! »

Tour à tour, chacun s’examine ;
L’instrument le dessine en vain ;
Car chacun dit : « C’est ma voisine. »
Ou bien encor : « C’est mon voisin. »

Cet instrument-là c’est la fable,
Qui de chacun fait les portraits ;
Mais nul n’est assez équitable
Pour y reconnaître ses traits.

« Le Miroir de la fable »

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