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L’Hirondelle de l’Écurie, fable Christian Satgé

icon-angle-double-right Christian Satgé

Les fermiers partis au marché
Pour vendre bêtes écorchées
Et tout ce qu’il faut pour la table,
Malgré l’hiver, malgré la pluie
Qu’il fait, et fera, aujourd’hui
C’est la fête dans les étables,
Les greniers, la cour, le jardin,…
Les animaux se font gredins,
Joyeux drilles et mauvais diables.

Est-ce bêtise ou accident,
Des flammes venues du dedans
Bientôt lèchent le corps de ferme,
Puis gagnent chaque bâtiment
Rongeant tout et tout abîmant
Du logis des hommes en perme
Comme des bêtes affolées.
On fuit, on crie dans la foulée,
Chacun croyant venu son terme.

Pourtant, alors que l’incendie
N’a pas tout mangé ni tout pris,
Aucune bête des poulettes
Au rat en passant par les bœufs,
Sans oublier nichées et œufs
N’est tuée, en groupe ou seulette,
Par ce feu qui gagne tout bien.
Vite elles ne risquent plus rien,
Les pattes dans les violettes.

L’hirondelle de l’écurie
Alors qu’on cause, on pleure, on rit,
Perchée sur l’abreuvoir, s’envole
Vers les flammes faîtes rideau,
Puis y lâche une becquée d’eau.
Quelle est donc cette faribole
Se demande-t-on tout d’abord :
On s’inquiète, on le lui dit fort
Mais, à nouveau, elle s’envole.

Et ainsi de suite : envol,
Survol, largage, nouveau vol.
Alors qu’elle reprend son souffle
Viennent les questions sans trier :
« Que fais-tu ? lui dit-on inquiet.
– Je fais ma part et sans baroufle.
Si chacun en faisait autant,
Le feu ne tiendrait pas longtemps,
Lui qui fera notre mistoufle.

– C’est du temps et de l’énergie
Perdus ! fait l’oie. Restons vigies !
– Ma mie, quand survient un problème
Si au lieu de le déplorer,
De pleurer, de métaphorer,…
On se bougeait, point de dilemme :
Si on ne résout le méfait,
On en réduira ses effets. »
Et elle y retourne sans flemme.

« L’Hirondelle de l’Écurie »

*Voir d’autres fables de Christian Satgé sur son Blog : Les rivages du Rimage

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