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L’Homme et la Couleuvre, analyse

icon-angle-double-right Louis Moland

Analyse et commentaire : L’Homme et la Couleuvre  de Louis Moland, 1872.

Fable II. L’Homme et la Couleuvre.

L'Homme et la Couleuvre, Oudry
L’Homme et la Couleuvre, Oudry

L’origine de cet apologue est indienne. Voyez le Livre des lumières, ch. III, fable 3, et le Pantcha Tantra, traduit par l’abbé Dubois, Paris, 1826, p. 39 à 54.
Remarquez dans l’apologue indien l’intervention d’un autre personnage qui accentue bien plus vivement la conclusion. L’homme a sauve le serpent des flammes en lui tendant un sac au bout d’une perche. Il l’a laisse sortir du sac, et c’est alors que le serpent veut mordre son bienfaiteur. Au reproche que l’homme lui adresse, il répond qu’il ne fait que suivre les exemples que lui-môme lui donne, et propose d’en appeler au témoignage de la vache et de l’arbre. Ceux-ci répondent comme l’on sait. Mais le renard est consulté à son tour. Il se fait raconter l’aventure; il feint de mettre en doute que le serpent ait pu entrer dans un si petit sac et demande à voir cela de ses propres yeux. Le serpent, pour le convaincre, rentre dans le sac.Le renard dit alors à l’homme : « Tu es maître de la vie de ton ennemi ; sers-toi de cette occasion,  » L’homme ne se le fait pas dire deux fois et écrase le serpent contre une pierre. La leçon, comme on le voit, est digne des temps barbares. La moralité de La Fontaine :  » Parler de loin ou bien se taire,  » n’est guère meilleure; elle décèle une époque trop civilisée et exprime la prudence et la sagesse vile des courtisans.

Analyse littéraire et grammaticale, Charles Nodier,1818.

*Et non l’homme : on pourrait aisément s’y tromper),
1 – « Voilà de ces traits auxquels on reconnoit dans La Fontaine un mélange unique de finesse et de naïveté, une simplicité qui donne de la grâce à sa finesse, une finesse qui «rend sa simplicité piquante. » Marmontel.

*Afin de le payer toutefois de raison,
2 – Le loup paye aussi de raison l’agneau qu’il va dévorer. Les méchants ont un instinct qui leur fait chercher l’apparence du droit. C’est un hommage de la force à la justice.

*C’est ton utilité, ton plaisir, ton caprice ;
3 – Quel hardi censeur de l’homme que ce serpent! Il vient de dire là tout le secret de la société.

*Sans herbe ; s’il voulait encor me laisser paître !
4 Tout le discours de la vache est parfait. Ces mots, sans herbe, sont rejetés avec un art infini au commencement du vers, et jamais l’éloquence naturelle n’a employé d’exclamation plus touchante que ce simple trait :
S’il vouloit encor me laisser paître !
« Le discours du bœuf a un autre genre de beauté, celui d’un
ton noble et poétique, quoique naturel et vrai :

Ce long cercle de peines
Qui, revenant sur soi, ramenoit dans nos plaines
Ce que Cérès nous donne et vend aux animaux.

« Et cet autre vers :
Achetoient de son sang l’indulgence des dieux.

« La Fontaine tire un parti ingénieux du ton qu’il vient de lui prêter; c’est de le faire appeler déclamateur par l’homme qui lui reproche de chercher de grands mots; tout cela est d’un goût exquis. » Chamfort.

Remarquons aussi ces traits si pittoresques et si vrais.
Le bœuf vient à pas lents…….
Quand il eut ruminé tout le cas dans sa tête, etc.

Quel heureux choix d’expressions et d’images! Quelle intelligence de prosodie! Quelle fable et quel fabuliste!

*L’ombre l’Eté, l’Hiver les plaisirs du foyer.
5- On ne sauroit exprimer avec une précision plus élégante les bienfaits que nous recevons des arbres pendant les quatre saisons. Le trait qui suit :
Que ne l’émondoit-on sans prendre la cognée?

est plein de grâce et de sentiment.

*Et serpents.
6- Ce petit vers ne fait pas mal, parcequ’il ramène au sujet de l’apologue.

« L’Homme et la Couleuvre, analyse.« 

bg
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