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Esope, fable, du Renard et de la Cigogne
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Du Renard et de la Cigogne

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“Du Renard et de la Cigogne” – Un Renard plein de finesse pria à souper une Cigogne à qui il servit de la bouillie sur une assiette. La Cigogne ne fit pas semblant de se fâcher du tour que lui jouait le Renard. Peu de temps après, elle le pria à dîner ; il y vint au jour marqué, ne se souvenant plus de sa supercherie, et ne se doutant point de la vengeance que méditait la Cigogne. Elle lui servit un hachis de viandes qu’elle renferma dans une bouteille. Le Renard n’y pouvait atteindre, et il avait la douleur de voir la Cigogne manger toute seule. Elle lui dit alors avec un rire moqueur : ” Tu ne peux pas te plaindre de moi raisonnablement, puisque j’ai suivi ton exemple, et que je t’ai traité comme tu m’as traitée. “

  • Esope – (VIIe-VIe siècle av. J.-C)

Le Renard et la Cigogne

Maître renard offrit un beau matin
À dame la cigogne un étrange festin ;
Un brouet fut par lui servi sur une assiette,
Dont l’oison au bec ne put attraper miette.
Aussi, pour se venger de cette tromperie,
À quelque temps de là la cigogne le prie :
Dans un vase à long col lui sert friand morceau.
Le sot n’en put tâter ; et léchant son museau,
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un renard qu’une poule aurait pris.
Vous me fîtes jeûner, je vous rends la pareille,
Disait la cigogne au renard baissant l”oreille ;
Tout est dans les règles, ami ;
Car à fourbe, fourbe et demi.

  • Isaac de Benserade – (1612 – 1691)

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Le Renard et la Cigogne

Compère le Renard se mit un jour en frais,
et retint à dîner commère la Cigogne.
Le régal fût petit et sans beaucoup d’apprêts :
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair ; il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelque temps de là, la Cigogne le prie.
“Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie. ”
A l’heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse ;
Loua très fort la politesse ;
Trouva le dîner cuit à point :
Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point.
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande*.
On servit, pour l’embarrasser,
En un vase à long col et d’étroite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer ;
Mais le museau du sire était d’autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris :
Attendez-vous à la pareille.

  • Jean de la Fontaine – (1621 – 1695)

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