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Esope, du Rossignol et de l'Hirondelle
Esope, du Rossignol et de l'Hirondelle
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Du Rossignol et de l’Hirondelle

“Du Rossignol et de l’Hirondelle” – L’Hirondelle volant loin des champs trouva dans une forêt déserte le Rossignol au chant clair. Philomèle pleurait Itys prématurément arraché à la vie. Et l’Hirondelle lui dit: ” Salut, très chère. C’est la première fois que je te vois depuis la Thrace, mais viens dans la campagne et dans la demeure des Hommes ; tu vivras sous notre toit et tendrement aimée. Tu chanteras pour les laboureurs, non pour les bêtes. ” Le Rossignol à la voix sonore lui répondit: ” Laisse-moi habiter dans les rochers déserts, car les maisons et la fréquentation des Hommes rallumeraient en moi le souvenir de mes anciennes misères.  “

Cette fable signifie qu’il vaut mieux vivre sans souffrances dans la solitude que d’habiter avec le malheur dans les cités.

Autre version

” L’Hirondelle et le Rossignol “ – L’hirondelle engageait le rossignol à loger sous le toit des hommes et à vivre avec eux, comme elle-même. Le rossignol répondit : « Je ne veux point raviver le souvenir de mes anciens malheurs : voilà pourquoi j’habite les lieux déserts. »

Cette fable montre que l’homme affligé par quelque coup de la fortune veut éviter jusqu’au lieu où le chagrin l’a frappé.

 

Ἀηδὼν καὶ χελιδών

Ἀηδόνι συνεβούλευε χελιδὼν τοῖς ἀνθρώποις εἶναι ὁμόροφον καὶ σύνοικον ὡς αὐτή. Ἡ δὲ εἶπεν· “Οὐ θέλω τὴν λύπην τῶν παλαιῶν μου συμφορῶν μεμνῆσθαι, καὶ διὰ τοῦτο τὰς ἐρήμους οἰκῶ.”

τὸν λυπηθένθα ἔκ τινος τύχης καὶ τὸν τόπον φεύγειν ἐθέλειν ἔνθα ἡ λύπη συνέβη.

  • Esope – (VIIe-VIe siècle av. J.-C)

Philomèle et Progné

Autrefois Progné l’hirondelle
De sa demeure s’écarta,
Et loin des villes s’emporta
Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle.
«Ma soeur, lui dit Progné, comment vous portez-vous?
Voici tantôt mille ans que l’on ne vous a vue:
Je ne me souviens point que vous soyez venue,
Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.
Dites-moi, que pensez-vous faire?
Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire?
-Ah! reprit Philomèle, en est-il de plus doux?»
Progné lui repartit: «Eh quoi? cette musique,
Pour ne chanter qu’aux animaux,
Tout au plus à quelque rustique?
Le désert est-il fait pour des talents si beaux?
Venez faire aux cités éclater leurs merveilles.
Aussi bien, en voyant les bois,
Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois,
Parmi des demeures pareilles,
Exerça sa fureur sur vos divins appas.
– Et c’est le souvenir d’un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa soeur, que je ne vous suis pas:
En voyant les hommes, hélas!
Il m’en souvient bien davantage.»

  •  Jean de la Fontaine – (1621 – 1695)

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