mercredi, novembre 20, 2019

Jean Napoléon de Vernier

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Jean Napoléon de Vernier.

Jean Napoléon de Vernier , poète et fabuliste à ses heures perdues, il travaillait comme jardinier au jardin “grand-ducal de Carlsruhe.”
Né à Belfort le 23 février 1807, mort à Porrentruy le 5 février 1885.

FABLES :

M. Vernier, le fabuliste, le poète, le penseur, dont nous annonçons ici un beau volume, a commencé comme jardinier sa double carrière scientifique et littéraire. Attaché au jardin grand-ducal de Carlsruhe, il consacrait les loisirs que lui laissait sa profession à la lecture et au théâtre. Lamartine, Hugo, Musset, Guizot, Villemain, Cousin faisaient ses délices. C’était le temps de la guerre des Classiques et des Romantiques. M. Vernier prit naturellement parti pour ces derniers. Les galeries de tableaux furent une autre source de jouissances et, partant aussi d’inspirations pour te futur poète. M. Vernier venait de passer du service grand-ducal à celui d’une grande dame polonaise comme jardinier, cela va sans dire. Jusque-là il n’avait été connu que comme tel. Mais une pièce de vers français, publiée dans le Glaneur de Varsovie et traduite en polonais par le comte Potocki, fit sensation dans la noblesse et valut au jardinier-poète les bonnes grâces de la princesse Sangusko dont les libéralités devaient un jour mettre à l’abri du besoin M. Vernier et lui créer l’aurea mediocritas si favorable à la culture des lettres et à l’indépendance de la pensée.
Le volume de M. Vernier s’ouvre par quelques pages de biographie pleines d’intérêt et de charme, auxquelles nous empruntons les détails qu’on vient de lire. Elles sont suivies par un recueil de Fables, dont presque toutes contiennent des leçons utiles présentées sous une forme piquante, spirituelle, caustique et même parfois originale. Si nous voulions hasarder un de ces rapprochements toujours trompeurs quand ils ne sont pas ridicules, nous dirions : il y a du Viennet là-dedans. Les Pensées qui forment la transition de la fable à la poésie révèlent un esprit très fin et un écrivain habitué à condenser ses observations sans négliger la clarté et l’élégance de l’expression. Et nous pouvons le dire, avec un peu plus de vérité que dans le rapprochement de tout à l’heure, il y a du Petit-Senn dans cette partie du volume. Les Poésies qui terminent l’ouvrage sont d’un vrai rêveur, amant enthousiaste de la nature et de l’idéal; les vers gracieux, nobles, touchants s’y succèdent. Mais on voit que si le poète a aimé et aime encore passionnément le beau, il a souffert et souffre de la bêtise et de la méchanceté des hommes, car l’épigramme mordante y coudoie l’ode enflammé et la ballade plaintive. On trouve des imitations heureuses des poètes allemands Schiller, Bürger, Hagendorn et du danois Oellenschlaeger. Voilà en somme et en raccourci notre impression générale sur le charmant volume de M. Vernier. Une autre fois, si on nous le permet, nous le reprendrons plus en détails, et nous ferons à l’auteur quelques chicanes de mots et d’expressions, que nous sacrifions aujourd’hui au plaisir de citer quelques vers que nous choisissons en vrai maître d’école parmi les fables les plus applicables à la jeunesse.

  • L’Educateur – Revue pédagogique, publiée par la société des instituteurs de la Suisse Normande. Fribourg 1866.

Préface. (extraits)

…Dire pourquoi j’ai choisi ce genre plutôt qu’un autre, me serait difficile. L’inspiration est toujours capricieuse. Le hasard Vous présente un sujet ; vous y rattachez une idée morale, vous en tirez les conséquences, et vous avec une fable. Une fois votre attention éveillée, le même cas se reproduit encore, et vous continuez. Il m’est arrivé d’en écrire cinq ou six dans une soirée, sans le moindre effort; mais, loin de courir après le sujet, j’attendais qu’il vînt me trouver. J’ai obtenu ainsi plus de deux cents fables dans un seul hiver. C’est dommage que la qualité ne réponde pas à la quantité….

… Presque toutes ces Fables ont été composées durant l’hiver de 1864 à 1865. I! en est un certain nombre qui ont été traduites de l’allemand. Les sujets des autres sont tous de mon invention. On y chercherait en vain les traits spirituels et les délicieuses peintures de mœurs des animaux dont les fabulistes français ont si bien su tirer parti pour intéresser la jeunesse, mais elles auront peut être le mérite de porter davantage à la réflexion. Je ne me fais pas illusion sur leur valeur et leur peu de chance de réussite : Lafontaine et Florian ont rendu le lecteur, à bon droit, difficile. Je n’ai, certes, pas eu la prétention d’imiter ces maîtres ; j’ai cherché plutôt à faire autrement qu’eux….

Jean Napoléon de Vernier.

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