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La vache à la porte

Yves Tarantik

Certaine vache se rendait tous les matins
A sa pâture, retrouvant seule le soir,
La porte de sa mangeoire.
Or voici ce qu’il advint :
Un soir qu’elle rentrait des champs
En ruminant paisiblement,
Elle s’immobilisa devant une porte
Qui lui sembla être sa porte,
Mais qu’elle ne reconnut pas :
Quelqu’un, en son absence, l’avait peinte en rouge.
– Car ici-bas le monde bouge
Et rien, jamais, n’est immuable ! –
Perplexe, elle marqua le pas :
« Etait-ce bien là, la porte de son étable ?
Oui, ce l’était ! Non… ce ne l’était pas…
Si… non… peut-être… non… »
L’embarras lui plissait le front
Et la très fugitive lueur de conscience
(Un pâle ersatz de la connaissance),
Qui traversa la masse de son encéphale
Ne parvint pas à dissiper le désarroi
De l’animal, qui restait là,
Figé, près de périr dans le dédale
D’une étique pensée en cavale.
Quel enseignement tirer de cela ?
En voici un je crois :
L’être humain est capable de discernement,
Pas le bovin ! Et cette différence,
Implique une conséquence :
Si quelqu’un repeint subrepticement
La porte de la Vérité,
Et quel qu’en soit ou l’ornement ou la couleur,
Ne perdez pas votre temps à tergiverser :
Ne cédez ni à la peur,
Ni à votre paresse naturelle :
Poussez la porte ! Une vérité cruelle
Vaut mieux qu’un mensonge éhonté :
Et il en va de votre dignité !

Yves Tarantik

2 commentaires

  1. Très beau texte, comme d’hab’. Mais pourtant il me semble que, parfois, mieux un mensonge qui aide à vivre qu’une vérité qui pousse à mourir ou faire mourir.

    • Oui, je suis d’accord avec vous Christian Satgé.
      Et je distingue ces mensonges par une couleur (Voir la fable “Mensonges blancs” que je mets en ligne ce soir…)
      Cordialement

      YT

      Pardon pour cette réponse tardive je n’étais pas revenu sur le site depuis un certain temps..

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