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Le Bloc de Marbre et le Ciseau, fable de Valmalète

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icon-angle-double-right Louis de Valmalète

Pour admirer une statue
Belle, imposante, et chef-d’œuvre de l’art,
On accourait de toute part :
Chacun à la louer à l’envi s’évertue.
Le Bloc d’un marbre pur d’où l’habile sculpteur
Avait su tirer son ouvrage,
Témoin de ce concours flatteur,
Osait en tirer avantage :
Ces formes, ces contours, tous ces traits si vantés,
Dit-il, viennent de moi, mes flancs les ont portés,
C’est donc à moi qu’on rend hommage.
Le Ciseau, par hasard, était à ses côtés ;
Il est choqué de ce langage :
» C est à moi seul, dit-il, que cet hommage est dû ;
» Sans moi, personne ici ne fut venu ;
» Tous ces admirateurs, le travail les attire,
» Et le travail est fait par moi :
» Sans moi, ce dieu serait bloc comme toi :
» Or, est-ce toi que l’on admire ?
« En toi, chacun ici ne voit qu’un embarras. »
La dispute alla loin : après de vains débats,
Et s’être dit, selon l’usage,
Plus d’une injure et fait plus d’un outrage,
Consultons, dirent-ils, ce sage
Qui vient porter ici ses pas.
Après qu’ils ont conté le cas,
« De tous deux, leur dit-il, quelle est donc la folie ?
» Ce n’est ni toi, ni toi qu’on admire en ce lieu ;
» Mais on vient du sculpteur admirer le génie :
» Or, qui met le génie au sein de l’homme ? Dieu. »

“Le Bloc de Marbre et le Ciseau”

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