mardi, juillet 16, 2019

Charles Fontaine

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Charles Fontaine, disciple, ami et apologiste de Clément Marot, qu’il défendit avec un noble dévouement contre Sagon et La Huéterie, naquit à Paris, le 13 juillet 1515. Son père, honnête commerçant, qui aimoit les lettres et les cultivoit même dans ses moments de loisir, fut son premier précepteur. Il étudia ensuite au collège royal, sous le célèbre Danès, professeur de langue grecque. Son goût pour la poésie se manifesta de bonne heure et devint bientôt une passion. Jean Dugué, son oncle, avocat au parlement de Paris, lit de vains efforts pour lui faire embrasser la carrière du barreau. Notre poète répondit aux instances de Jean Dugué par une épître, où, après avoir mis la poésie au-dessus de toutes les professions, il le prioit de lui envoyer ses œuvres poétiques.

FABLES :

Quelques pièces adressées à François Ier firent connoître Charles Fontaine à ce prince, qui le reçut avec bonté; mais, sans doute trompé dans ses espérances, le poète se rendit à la cour de Renée de France, fille de Louis XII, qui avoit épousé, en 1528, Hercule, duc de Ferrare. Il fut encore trompé dans son attente : ce qu’il reçut de cette princesse lui suffit à peine pour visite? quelques villes de l’Italie. Ce fut pendant ces courses, dont il est question dans plusieurs de ses épigrammes et de ses élégies, qu’il perdit sa sœur, Catherine Fontaine. Cette perte l’affligea profondément ; il composa à ce sujet une elegie ou respirent les plus touchants regrets.
De retour à Lyon, en 1540, il y épousa une jeune personne qu’il avoit connue lors de son passage par cette ville. Il en eut deux enfans ; mais elle mourut peu de temps après, puisqu’il se remaria en 1544, à une demoiselle du village de Chaponot, dans le Lyonnois. Plusieurs pièces de notre poète contiennent l’éloge de cette personne, sous le nom de Flora.
Charles Fontaine s’étoit fixé à Lyon, lorsque les parents de sa première femme, lui ayant intenté un procès, il fut obligé de venir plaider à Paris en 1547. Une pièce à sa Flora nous apprend qu’il en étoit séparé depuis six mois, et combien il souffroit de cette absence. Il s’amusa à composer une multitude de vers pour ses juges. Nous ignorons quelle fut l’issue de ce procès. Charles Fontaine retourna auprès de sa femme, se fixa à Lyon, et y mourut dans un âge avancé.
Ce poète rassembla la plus grande partie de ses œuvres sous ce titre : Les Ruisseaux de Fontaine. Ce recueil se compose d’un grand nombre dépitres, d’élégies , de chants divers, d’odes, d’étrennes pour l’année 1555, de la traduction du premier livre du Remède d’amour d’Ovide, de vingt-huit énigmes, etc., et de diverses pièces tant de lui que de ses amis, sous le titre collectif de Passe-temps des amis. Ce recueil est adressé à Jean Brinon, seigneur de Villaines, conseiller du roi au parlement de Paris, avec une épître où le poète se promet d’avance l’immortalité. Tu vois ici, dit-il à son Mécène,

Tu vois ici, par plus noble culture,
De mon esprit les fleurs et fruits divers,
Qui dureront contre la saison dure,
Avec honneur portés par l’univers.

La seule de ses épîtres qui mérite d’être distinguée est celle à François Ier ; il loue ce prince de la protection qu’il accordoit aux lettres, et des établissements qu’il avoit fondés dans l’intérêt des sciences et des arts. Son élégie sur la mort de sa sœur est aussi une de ses meilleures productions. On peut encore mettre de ce nombre celles où il pleure la mort de quelques uns de ses enfants, et son adieu à la ville de Lyon, lorsqu’il fut obligé de venir à Paris pour son procès.
Nous avons encore du même poète : une Ode sur l’antiquité et l’excellence de la ville de Lyon, imprimée en 1557, avec quelques épigrammes fort médiocres; — un Recueil d’odes, d’énigmes, d’épigrammes, etc., qui parut la même année à Lyon, et qui est adressé Pour étrennes au roy, a la reine, a madame Marguerite, etc. : les pièces de ce recueil sont, pour la plupart, au-dessous du médiocre; — une traduction en vers des Sentences du poète Ausone sur les dits des sept sages; — un autre Recueil de poésies, imprimé à Lyon en 1588, sous le titre de Jardin d’amour, avec la Fontaine d’amour, qui contient quelques élégies imitées d’Ovide, des épîtres, des épigrammes, etc.; — enfin, un poëme intitulé la Contre-Amye, qui fut composé en réponse à l’Amye de court, de La Borderie, dans lequel notre poète embrasse la défense de l’amour, qu’il considère comme un sentiment honnête et légitime. Charles Fontaine a encore composé quelques autres ouvrages peu importants. Il avoit de la facilité dans l’expression, et ses vers ne manquent pas de naturel. Il a quelquefois employé avec succès le genre didactique.

  • Les poëtes françois, depuis le XIIe siècle jusqu’à Malherbe (ed. by P.R. Auguis). tome III

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