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Le coup d’éclat d’un jeune paon

Le coup d’éclat d’un jeune paon

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001 Daniel Allemand

Il était une ferme aux fins fonds de la Bresse
Ou régnaient les volailles
Et ces belles canailles
Des autres animaux ne voyaient la détresse.
Un jeune paon, imbu de son plumage
Dans ce grand poulailler un tantinet frivole
De la politique ayant compris l’engrenage
Délogea un vieux coq pour asseoir sa gloriole.
Dès lors, le jeune volatile
Quelque peu volubile
Les plumes au vent s’admira
Bien plus que nécessaire en tenue d’apparat.
Il s’exhibait en trublion,
Envoûtant tant de poules groupies
Que pour prendre le trône il gagna l’élection
Devant tous les vieux chapons assoupis,
Qui avaient été délaissés
Car tant de monde ignoré ils avaient lassé.
Le nouveau roitelet
S’entoura de cruels autours
Constituant sa basse-cour
Pour s’occuper de son divin palais.
Ils continuèrent à tondre la laine,
A conserver toutes les graines,
A réclamer à leurs misérables bestiaux
Plus d’économies sur leurs herbes
Prélevant de nouveaux impôts
Selon le bon vouloir de l’oisillon superbe.
Ainsi s’amplifia le scandale,
Et l’apprenti Sardanapale
Multiplia les mercenaires
Désigna un bouc émissaire
Méprisant chèvre, bœuf, âne, cochon
Sans comprendre les fondements de leur misère :
La fin des libertés, l’excès d’imposition.
Gagné par la révolte
Il tomba de son piédestal.
Long furent les temps pour retrouver des récoltes
La confiance et l’espoir, sauver le capital
Eradiquer la dèche
Et que tout animal aux lois ne soit revêche.
L’orgueil du savoir est pire que l’ignorance
Il précède la ruine et les disgrâces
La hauteur de la chute attise les souffrances
Sur la fin la raison est toujours très vorace.

Daniel Allemand

  • Fables et illustrations de Daniel Allemand, blog à visiter…Plumes et Rimes

2 commentaires

  1. un régal, un art consommé de la fable, avec des animaux à la perfection endossant leurs personnages, ainsi rendant crédible cette transposition entre fiction et réalité! Encore une fois merci Daniel!

    • Ces mots si gentils Henri me sont outre un compliment, un encouragement à poursuivre. Comme la nature même de l’apologue reste de dessiner l’homme sous les traits de l’animal pour mieux peindre ses petits travers et ses moindres défauts, il est plus facile de s’y adonner par les temps qui courent. Mes fables essaient, autant que faire se peut de saisir cet air du temps. Au grand plaisir de lire les tiennes.

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