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L'oiseleur, l'Autour, et l'Alouette
L'oiseleur, l'Autour, et l'Alouette

L’Oiseleur, l’Autour et l’Alouette, analyses

 icon-angle-double-right Louis Moland

Etudes et analyses des fables de La Fontaine, L’Oiseleur, l’Autour et l’Alouette, Louis Moland,1872.

Fable XV. L’Oiseleur, l’Autour et l’Alouette. Ugobardi Sulmonensis, fab. XIV. — Abstemius, 3.

oiseleur
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La fable de l’Ysopet de 1333, l’Esprevier et le Coulon,est singulièrement prolixe, mais elle a bien le caractère du temps. Le discours que le jeune coulon adresse à l’épervier est tout un plaidoyer : en voici quelques traits :

En l’arche Nooël la jolie
Jà fui-je en ta compagnie ;
J’aportai la pais et la greve,
Un biau rain qui estoit en sceve.
Ma forme prist Saint-Esperit;
Cest exemple me soit merit ;
Et Nostre-Dame fut nommée
Par mon biau nom qui tant agrée.

Il menace son ravisseur d’un procès que lui fera son maître ; ce maître est bien avec la justice: il fait présent au juge de gras oisons et de gibier. Que l’épervier prenne donc garde, car on le condamnera sévèrement!

L’épervier répond non moins longuement, il invoque l’exemple de l’aigle, leur seigneur et roi, et de ses pairs, le faucon, Tau-tour, le gerfaut. Charité bien ordonnée commence par soi-même. De belles paroles rendent les fous contents et satisfaits.
Il le tient, il ne le lâchera pas. Mais, reprend le conteur,

L’on dit qu’entre bouche et cuiller
Advient souvent encombrier.

On sait en effet ce qui arrive, et le fabuliste conclut :

Que le prédeur deviendra proie.
Le dit commun n’est pas tout faux :
Qui mal pense à li viendra maux.

C’est peut-être plus dans la mesure que « Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres, » qui n’est malheureusement pas vrai toujours.

Notes:

*Elle sent son ongle maline

I. Var. La Fontaine a mis maline dans toutes les éditions qu’il a publiées, non que ce mot s’écrivit de son temps différemment qu’on ne le fait aujourd’hui, mais parce qu’il a usé du privilège qu’avaient les poètes d’altérer quelquefois légèrement la prononciation ou l’orthographe de certains mots pour les assujettir à la rime. Seule, l’édition de 1692, sous la date de 1678, porte maligne. (W.)
Le mot ongle était déjà masculin du temps de La Fontaine, ainsi que le constate la première édition du dictionnaire do l’Académie française. Ce mot vient toutefois d’ungula, qui est féminin en latin, et il y a eu longtemps incertitude dans notre vieille langue sur le genre auquel il appartenait.

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