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La Belette entrée

La Belette entrée dans un grenier, analyse

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La Belette entrée dans un grenier, commentaires de MNS Guillon – 1803.

  • La Belette entrée dans un grenier.
La Belette entrée
La Belette entrée

(1) Damoiselle Belette, au corps long et fluet. Outre le charme de cette description, on en remarquera l’à-propos. Comment avec un autre corps aurait-elle pu se glisser dans ce trou ?
(2) Elle sortait de maladie. L’œil du poète est semblable à la muse d’Homère, qui a tout vu ; elle connaît non seulement les événements, mais jusqu’à leurs causes les plus éloignées. L’appétit d’un convalescent se conçoit par le jeûne qui a précédé.
(3) Fit chère lie. Grand’chère; chère joyeuse, dit M. Coste. Le mot lie n’est plus guère entendu dans

ce sens-là, quoique liesse, qui en a été formé, ne soit encore ni barbare, ni tout-à-fait hors d’usage : témoin Notre-Dame de Liesse, et ce vers de La Fontaine , qui est entendu de tout le monde :
Aux noces d’un tyran, tout le peuple en liesse.
(L. VI. fab. 12.)
La Fontaine paroît l’avoir emprunté de Rabelais. ( Voy. Gargant, T. I. p. 182. ) Il vient; non de lœta, comme dit M. Le Duchat, mais du mot liœus, nom de Bacchus, père de la joie. L’étymologie en est dans le grec, solvo ; curis solutus, disent les latins ; libre de soins, joyeux.
(4) Maflue, plus ordinairement maflè, bouffi ; vieux et familier. L’abbé Rouband, oppose ce mot à celui de joufflu ; mais, d’une manière plus subtile que solide.
(5) C’est, dit-elle, l’endroit. Ce monologue vendaves une vérité frappante l’embarras et la surprise de l’animal.
(6) Ce que je vous dis là, l’on le dit à bien d’autres,
Gardez des mauvais sons le concours odieux,
a dit Boileau. Il est difficile qu’il s’en trouve de plus mauvais que ceux-ci.
(7) Par trop approfondir. Notre poète emploie avec quelque affectation ces infinitifs changés en substantifs. Son exemple ne pourrait prévaloir contre l’usage. Ceux qui aiment à comparer, liront ici avec quelque plaisir ces vers de La Motte ( Fable de l’Enfant et des Noisettes ) :
Un jeune enfant, je le tiens d’Epictète,
Moitié gourmand et moitié sot,
Mit un jour sa main dans un pot, Où logeait mainte figue avec mainte noisette. Il en remplit sa main, tant qu’elle en put tenir, Puis veut la retirer ; mais l’ouverture étroite , Ne la laisse point revenir, etc.

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