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Le corps et l’esprit

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001 Daniel Allemand

Les sages Socrate et Platon,
Voient dans le corps l’animalité extérieure
Cachant la beauté intérieure
De l’esprit. En tant que faiseur de rogatons
Laissez-moi vous conter ce qu’il reste de l’âme
Quand le corps fait obstacle à l’esprit de sa flamme.
L’esprit était en rage :
« – Tu es un obstacle à ma vie. »
Le corps était en nage :
« – Vois où nous mènent tes envies ! »
« – Je suis le cavalier
Tu n’es que la monture ! »
« – Alors respecte donc le cheval, pauvre niais !
Et entraîne-toi avec moi dans la nature ;
Car l’émotion tient l’intellect
Elle est avant le rationnel
Et c’est moi qui t’inonde de nouvelles. »
« – Calme-toi ! Tu me fais peur avec tes collectes ! »
« – C’est l’angoisse mon bon »
« – Et la tentation charnelle salaud ! Angoisse ? »
« – T’en plains-tu ? Que je sache ce n’est pas la poisse !
A toi de maîtriser mon bon. »
« – Tiens-toi à distance, tes ressentis me nuisent. »
« – Mais sans moi, tu te vautres ! »
« – Mais pourquoi sommes-nous donc unis l’un à l’autre ? »
« – Pour que je te supporte lorsque tu te grises ;
Jusqu’à la tombe mon bon, où tout disparaît ! »
« – Toi, tu disparais, moi je reste ! »
« – Ah ! Ah ! Ah ! Elle est bien bonne, mais n’est pas vrai
L’esprit, j’en suis navré. » « – Le corps, je te déteste !
Mais si je me dis : Suis-je ou ai-je un corps ?
Je suis dedans ou bien dehors ?
Voilà toute la différence
Entre l’objectif et le subjectif
Je perçois l’image ou le réel ? Beau naïf.
Aïe ! Aïe ! Tu me fais mal ! » « – Pas de chance !
Contrôle donc mon bon !
Contrôle et maîtrise ton si bel étalon. »
« – D’abord, je ne suis pas ton bon !
Tu n’es qu’un grand malade et tu me rends malade,
Tu te moques bien de l’élévation de l’âme
Ne me faisant penser qu’à la dégringolade
Par de soudains malaises infâmes ! »
« – On s’use, tu m’uses, je m’use,
Mais je ne sais dire lequel des deux abuse ? »
Ainsi, d’envi, leurs bisbilles n’avaient de cesse.
Il en est ainsi de l’humaine engeance
Sans devenir l’esprit vieillit dans la sagesse
Et sans autre avenir le corps dans la souffrance.

Daniel Allemand

  • Fables et illustrations de Daniel Allemand, blog à visiter…Plumes et Rimes
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4 commentaires

  1. une fable fort plaisante résumant avec humour ce dilemme qui depuis notre descente de l’arbre préoccupe les pauvres hominiens, et la chair est faible on le sait ! Bravo !

    • Merci Henri pour ce chaleureux commentaire. Comme l’a dit Christian, nous partageons au même instant un sujet d’importance sur la vie. Je crois personnellement qu’il n’y a pas de hasard et que partager son temps, c’est toujours et encore jouir de la vie… Amitiés.

  2. Un heureux retour sur l’antique sagesse avec une bien moderne écriture. Bravo Daniel !

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