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La mort du Coq, fable de Belouino

001 Paul Belouino :

Qui ne connaît la fin tragique.
De Cocorico le sultan ?
Vrai, c’était un coq magnifique,
De la pure race d’Houdan.
Cinq ergots et superbe crête,
Autour du cou, riche camail ;
Aussi, comme il levait la tête.
Dans la basse-cour, son sérail :
Sur le terrain, pour une poule.
Un spadassin, d’un coup d’ergot,
Traîtreusement, prétend la foule,
Le blesse à mort en plein jabot.
Triste, et mourant à son aurore,
Se résignant à son destin,
A pas lents, quinze jours encore,
Il parcourut cour et jardin.
Un pot-au-feu n’est point sa tombe,
Elle est là-bas, sous un prunier.
Des grandeurs voici comme tombe
Même un sultan tout le premier.

Au sérail, croyez-vous qu’on pleure ?
Sur la tombe déjà nul n’a passé le soc.
Et dans la royale demeure,
Des poules adulé, gouverne un autre coq.

« La mort du Coq »

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