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bourdon et coquelicot

Le bourdon et les coquelicots

icon-angle-double-right Daniel Allemand

La fable n’est au lecteur
Que mensonge et beauté,
Qui pour son grand bonheur
Lui dit souvent des vérités ;
Laissez-moi, vous narrer sur le chemin des fables
L’histoire d’un docte bourdon
Voyant sa ruche affable à l’abandon.
Notre insecte volant très gourmand de pollen
Se trouvait à la peine
Afin d’alimenter son nid
D’un nectar d’apologues, sis rue du génie
Tout près d‘une Fontaine.
Le tenace bosseur infatigable
Sur son chemin des fables
Désirant de vivants fricots
Pour raffermir l’impérissable
Repéra un, deux, trois, vingt coquelicots
Auteurs rouge écarlate aux pétales de soie
Mais d’éclats éphémères, cela va de soi.
Si tout pavot des champs cache bien ses secrets
Champ de coquelicots ne se fait par décret.
Le pollinisateur
En voit tout le filon
De ses ailes libérant le flonflon
Les éveille sur l’heure.
Tout raide sur leurs tiges
Aux quatre grands pétales veloutés
Leurs étamines noir bleuté
S’ils en voient sa voltige
Ne perçoivent tout le prestige
Que va pouvoir en tirer chacun.
Les fleurs idolâtrées des Egyptiens
Aux tombeaux pyramides assurant au défunt
Le bon et doux sommeil,
Sous la flamme de l’effet parnassien
Vont revivre la rime avec eau et soleil.
Grâce à leurs fables graines
Qui s’échappent du fruit,
Les coquelicots égrènent
A la ruche des fables plus de mille écrits
Qui en fait leur réputation.
Cet artifice est nécessaire,
Car la fleur n’est pas mellifère
Ne produisant aucun nectar pour sa nidation.
Si d’aucuns ont besoin d’autrui
Pour révéler leurs dons
En revanche, sans le bourdon
Point de reproduction du fruit.
Ainsi va revivre la fable
D’antan et d’aujourd’hui.
En évoquant le vol du félibre il s’en suit
De ranimer la fibre de l’inoubliable
De noter l’essor d’un genre que l’on ressème
Parfois avec témérité
Si le bourdon vous ôte le cafard, de même
C’est la fleur qui vous dit car c’est bien mérité
Avec le soutien d’Érato :
« Aimons-nous au plus tôt ».

Daniel Allemand

  • Fables et illustrations de Daniel Allemand, blog à visiter…Plumes et Rimes

10 commentaires

  1. conduit avec un grand brio ce ‘vol du bourdon’, et combien juste sa morale l’accompagnant dans ces temps ou inconséquents nous malmenons la nature, les gentils coquelicots et autres mouches à miel. Grand merci!

    • Merci surtout à vous Henri, pour votre compliment qui me touche beaucoup… Je cultive peut-être cette nostalgie d’un temps jadis ou la transmission humaine était plus orientée « nature »; elle me paraissait avoir plus de bon pour nos âmes d’enfants. Amicalement et au plaisir de vous retrouver dans la Rue.

  2. Excellent. De bout en bout du grand art monsieur ! Oui du grand art! Bravo monsieur Daniel Allemand.

  3. Christian Satgé

    Merci Daniel et grand bravo pour cette métaphore du travail de fabuliste. Soyons bourdon pour 100 fables de plus et glanons dans les coquelicots de jadis de quoi semer des pavots pour aujourd’hui. Au bonheur de vous lire encore… Amicalement. Christian

    • Merci Christian de votre fidèle lecture et de votre touchante appréciation qui me va droit au cœur. Les fabulistes essayent sans doute d’éclairer les esprits avec des textes qui émanent de leurs lumières intimes. Si parfois j’y parviens grâce au miroir de l’autre, quand la métaphore fait poésie en caressant la vérité alors je n’en suis que plus heureux. Merci encore

  4. Bravo Daniel pour cette 100e et belle fable “Le Bourdon et les Coquelicots” j’aime beaucoup.

    • Merci à vous Dan de glorifier ma centième fable. Tout en cultivant la nostalgie d’une époque florissante des grands fabulistes du temps jadis, je salue tous les conteurs que nous déniche la Rue, comme moi-même, humble amateur du genre. J’en profite pour remercier toute l’équipe de notre Rue pour leur opiniâtre et remarquable travail sur le sujet.
      Merci encore de votre fidèle lecture et de votre touchante appréciation.

      • La Rue vous remercie. On vous salut “Oh ! Vous l’habitant de la rue aux cent fables !”. Merci pour vos délicieux mots.
        Vous êtes ravis d’y habiter ? oui ! Eh bien ! nous aussi.
        Amicalement

        • Merci à vous « La Rue » de donner de l’espace à un amateur rimeur qui peut exposer les modestes facettes de ses fabulations. Votre passion personnelle pour La Fontaine liée au dynamisme de toute l’équipe pour la hiérarchisation et l’organisation du site en font toute son excellence.

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