dimanche, novembre 17, 2019

Houdar de la Motte

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
La Motte, fables
La Motte, fables

Antoine Houdar (ou Houdart) de La Motte est né le 17 janvier 1672 à Paris où il est mort le 26 décembre 1731, est un écrivain et dramaturge français. Il tint une place importante dans la vie littéraire.  Il versifia, en 1714, la traduction de l’Iliade.

Il publia ses fables en 1719. Jean de La Fontaine qui avait imité abondamment ses successeurs gréco-latin, Antoine de La Motte inventait les thèmes de ses fables en nous faisant une description assez détaillée de son époque.
Comme pour défier  son illustre prédécesseur, il inventa les “fables nouvelles” en 1719.  Pour être lu, La Motte inventa ses fables et des sujets nouveaux, il eut raison, dans un discourt préliminaire il s’annonça comme inventeur .

“La Motte a introduit dans ses apologues (qui sont tous de son invention) une foule de personnages, qu’il ne fait pas toujours parler et agir avec le sérieux qu’exigerait un pareil genre; mais quoiqu’on ne trouve pas dans ses fables ce beau naturel qui plaît tant dans La Fontaine, on ne peut nier qu’il n’y ait de la justesse, de la régularité, d’excellentes tirades, et mille endroits pleins d’esprit et de délicatesse. Nous en rapporterons quelques-unes. Du Rouillon, 1821.”

De son vrai nom Houdar, La Motte était son surnom. IL fut élu à l’Académie française le 18 Janvier 1710, il remplaça Thomas Corneille au fauteuil 14. La Motte-Houdar fut l’un des quatre académiciens (Louis de Sacy, La Motte, Fontenelle et l’abbé Claude Fleury) qui avaient voté l’exclusion définitive de l’abbé de Saint-Pierre de l’ Académie. Durant la Régence, en 1718, l’abbé de Saint-Pierre  avait publié “La Polysynodie ou la pluralité des conseils”, ouvrage dans lequel il désavouait la politique de Louis XIV, la jugeant despotique.
Poète et dramaturge fécond, il prit le parti des Modernes, dont il était l’ardent défenseur, contre les Anciens. Les dernières années de sa vie il fut atteint de cécité totale, ce qui ne l’empêcha pas de fréquenter les érudits de son époque.

MADRIGAL

Cessez, cessez de craindre , aimez à votre tour;
Les désirs des amants sont plus doux qu’on ne pense:
Les plaisirs de l’indifférence
Ne valent pas les peines de l’amour.

Notice sur Antoine Houdar de la Motte…

Motte (Antoine Houdar de la), membre de l’Académie française, né à Paris en 1672, était le fils d’un chapelier, originaire de Troyes. Après avoir fait ses classes chez les jésuites il étudia le droit, mais il l’abandonna pour se livrer aux compositions dramatiques. Son premier essai, intitulé les Originaux, ne réussit point. Le jeune La Motte, rebuté par cet échec…la suite

Antoine Houdar de La Motte :

Les brillants succès de La Fontaine avaient excité l’émulation de ses contemporains; les abords du Parnasse furent obstrués par la multitude des fabulistes. Sans nous arrêter sur aucun d’eux, arrivons à La Motte, dont la jeunesse littéraire a pu voir les dernières années de La Fontaine.
Beaucoup des fables de La Motte sont précédées par un exorde où l’auteur moralise à découvert, et ces longs préambules, qui roulent sur des idées communes, que ne soutient pas une expression plus distinguée, ont encore pour défaut d’aller contre l’esprit, de l’apologue, qui veut conseiller sans paraître le faire. Il y donne quelquefois des préceptes sur la fable en général, et l’on aurait pu sans peine en tirer une poétique pour l’apologue, s’il n’eût gâté trop souvent la maxime par l’expression :

Qu’est-ce qu’un conte sans dessein? Parole oiseuse et punissable.
Ailleurs il a néanmoins rendu cette vérité comme il convient :
Que le conte soit fait pour la moralité.
Il a su même la présenter sous une image charmante :
La fable est une fleur qui doit donner son fruit.
Il veut que la morale soit énoncée avec brièveté :
Plus le vers est précis, et moins il nous échappe,
a-t-il ajouté dans un vers digne de Boileau.

Ce qui manque à La Motte, dans ses fables, c’est une sensibilité expansive; cette poésie du cœur, plus séduisante que la poésie de l’imagination ; cette palette, où la nature a fondu ses brillantes couleurs; cette élégance, qui n’est point étudiée. Il lui manque aussi cette oreille délicate que blesse une versification rocailleuse; ce goût difficile, qui repousse le prosaïsme, et distingue avec finesse les nuances que n’admet pas la poésie. La Motte avait du talent pour inventer; car les inventions de presque tous ses apologues sont à lui, et la plupart sont ingénieuses. Mais on ajustement critiqué ceux où il introduit des êtres métaphysiques et moraux, personnifiés avec une finesse, dont l’art répugne à cette naïveté, un des premiers caractères de la fable. Tels sont dom Jugement, dame Mémoire et demoiselle Imagination, etc. Malgré ces défauts, il y a des apologues remarquables dans le recueil de La Motte.
La Motte possédait à un degré distingué le talent de réciter, et faisait illusion à un tel point que ses fables, qui soutinrent si peu l’examen des yeux, avaient cependant captivé l’oreille aux séances académiques et passé pour des chefs-d’œuvre. (Cours de littérature profane et sacrée, Volume 2 – Bohaire, 1833)

Antoine Vincent Arnault :

La Mothe Houdard. Un de nos littérateurs les plus ingénieux. Il n’est pas de genre de poésie dans lequel il ne se soit exercé, la satire exceptée; et certes cette exception lui fait honneur, car peu de personnes ont été puisque lui en butte aux traits des satiriques : tragédies, comédies, épopées, églogues, odes, cantates, opéras , chansons, énigmes, logogriphes et fables, il a fait de tout; mais il ne s’est montré supérieur en rien, parce que l’esprit et la raison ne tiennent pas lieu de génie. Ses fables, trop dépréciées, ne sont pas, à beaucoup près, sans mérite. Elles sont bien pensées; mais le ton dogmatique y domine trop. Fatigant partout, ce ton est surtout insupportable dans les fables, où la leçon doit être cachée sous les formes les plus attrayantes, où ce n’est qu’en égayant le lecteur qu’il est permis de l’endoctriner. “(Extrait) Œuvres d’Antoine Vincent Arnault – 1825.”

Louis-Francois Jauffret

” N’y aurait-il pas quelque justice, dit-il, à me compter, en compensation des beautés qui me manquent , le mérite de l’invention que mon prédécesseur ne s’est pas proposé? Il a donné aux fables anciennes des agréments tout nouveaux , et si précieux , qu’on ne sait le plus souvent auquel on doit le plus, de l’inventeur ou de l’imitateur. Les embellissements l’emportent quelquefois de beau coup sur le fonds , quelque ingénieux qu’il puisse être ; mais enfin ce fonds n’est pas a lui. Son esprit n’avait pour ainsi dire qu’une affaire , et débarrassé du soin de l’invention principale . il s’épuisait tout entier sur les ornements qui ne sont nue les inventions accessoires. Pour moi ( ceci doit m’attirer quelque indulgence) , je me suis proposé des vérités nouvelles. A huit ou dix idées près, qui ne m’appartiennent que par des additions , ou par l’usage moral que j’en fais , il a fallu inventer les fables pour exprimer mes vérités , il a fallu , enfin, être tout à la fois l’Ésope et le La Fontaine. C’en était sans doute trop pour moi. Il ne serait pas juste d’exiger que j’égalasse ni l’un ni Vautre ; et le public doit être assez content, ce me semble , s’il ne me trouve pas trop loin des deux. ”  Lettres sur les fabulistes anciens et modernes. – Paris, Pichon-Bechet 1827, Par Louis-Francois Jauffret

  • Antoine Houdar de La Motte – 1672 – 1731

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.