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Le Villageois et le Serpent
Le Villageois et le Serpent

Le Paysan et le Serpent, fable de Deschamps

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Eustache DESCHAMPS

 

J’ay leu et veu une moralité
Où chascuns puet assez avoir advis,
C’uns païsans, qui par neccessité
Cavoit terre, trouva un serpent vis
Ainsis que mort; et adonques l’a pris,
Et l’apporta ; en son celier l’estent.
Là fut de lui péus, chaufez, nourris:
Mais on rent mal en lieu de bien, souvent.

Car li serpens, plains de desloyauté,
Roussiaulx, et fel, quant il se voit garis
Au puisant a son venin getté;
Par lui li fut mal pour bien remeris :
Par bien faire est li povres homs punis,
Qui par pitié ot nourri le serpent.
Moult de gens sont pour bien faire honnis:
Mais on rent mal en lieu de bien, souvent.
C’est grant doleur quant l’en fait amisté
A tel qui puis en devient ennemis ;
Ingratitude est ce vice appellé,
Dont pluseurs gens sont au monde entrepris,
Rétribuens le mal à leurs amis,
Qui leur ont fait le bien communément.
Ainsis fait-on ; s’en perdront paradis:
Mais on rent mal en lieu de bien, souvent.

“Le Paysan et le Serpent”

Voir la fable de Jean de La Fontaine “Le Villageois et le Serpent

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