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L’Orvet et le Moineau…

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Henri CACHAU

 

un orvet partageant le même lopin
qu’un moineau
lui en recherche d’insectes
l’oiseau de graines
tout deux aux aguets demeurant
se plaignaient de leur commun ennemi
le chat du voisinage qui à tout moment
les rejoignant en ces parages
ferait cesser leur clabaudage…

ce matou c’est un vicieux
il ne joue jamais franc-jeu
alors que ses capacités musculaires
mériteraient un combat à la régulière
de toute façon dit le moineau
vae victis malheur au vaincu…

tout beau l’ami parle pour toi
ta faculté de t’envoler
juste au moment ou la griffe
alors que moi si j’avais
conservé mon état de lézard
mais chose rampante devenue
tu concevras que plus moi que toi
doit craindre le félidé
c’est faux répondit l’oiseau
si l’on se réfère à la statistique
nous sommes les plus châtiés
c’est un massacre nous périrons
c’est vrai mais selon votre population
notablement s’amoindrit l’addition
d’ailleurs votre présence à mes côtés
rassurante à plus d’un titre
prouve que vous le prenait pour pitre
ce greffier qui ne cesse de nous épier…

ils eussent mieux fait pris par leur dialogue
de se méfier de celui qui s’approchait
s’interrogeait sur lequel jeter son dévolu
c’était midi il en irait selon son appétit
il pensa au moineau
mais ses plumes indigestes
s’agissant du faux serpent
il n’a d’appétence pour ces gens
mais en vieux sage se rappelait la fable
alors qu’un seul bond lui suffisait
pour sa pitance assurer
cependant le dialogue des deux créatures
prenant une drôle de tournure
amusé il les écouta
se plaindre de lui en particulier…

le piaf sans cervelle mais craintif
avait remarqué l’approche de l’oisif
en fit part à l’orvet certain qu’il se défilerait
aussi fut-il surpris lorsqu’il se ravisa
car si l’oiseau d’en haut connaît le lopin
il n’en suspecte ses souterrains
il lui sera facile de s’y faufiler
une fois l’alerte donnée par l’emplumé
qui selon la statistique
le prit au mot lui dit qu’il ferait face
ne ferait pas honte à ceux de sa race
se débiner sans avoir jeté son venin
le moineau en sourit olympien
lui descendant de titis parisiens
malgré la statistique assurerait ce risque
relèverait ce challenge
lui paraissant à ses yeux
ronds et malicieux
avantageux…

mais le danger approchant
il fallut songer aux modalités
d’un affrontement singulier
dont le signal donné serait
du chat l’antépénultième bond
alors on verrait qui le plus prompt
il comptait sur ses ailes qui jusqu’à ce jour
ne lui avaient jamais joué de vilain tour
ainsi que sur la lenteur de la chose rampante…

ni l’un ni l’autre ne survécut
le lanceur d’alerte le premier succomba
il n’eut pas le temps d’aviser son compère
quant à l’orvet la terreur le mithridatisa…

les palabres ont leurs saisons il faut le savoir
quand le danger est là son seul repoussoir
c’est de s’abriter quand il est encore temps
et ne pas essayer d’affronter l’élément…

de jeunes imbéciles jouent à tromper la mort
à un réel danger exposent leurs frêles corps
est-ce de l’audace de l’épaisse bêtise
de la forfanterie de la crasse sottise
cet écart de côté au tout dernier moment
si non réussi ils le paient très chèrement…

“L’Orvet et le Moineau… “

Site : www.henri-cachau.fr

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