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Le Serpent et la Lime

Le Serpent et la Lime analyses

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Le Serpent et la Lime analyses de MNS Guillon – 1803.

Le Serpent et la Lime
Le Serpent et la Lime

Une Lime qui parle ! On se fait difficilement à cette illusion. Homère anime les forges de Vulcain ; à sa voix, les instruments du Dieu se meuvent d’eux-mêmes : mais Homère s’est bien gardé de faire parler des tenailles. Ne faisons pas plus de grâce à La Fontaine que nous n’en eussions fait à Homère ; ils sont tous deux si fort au-dessus de nos éloges et de nos critiques ! Disons qu’il y avoit bien d’autres acteurs à substituer à celui – ci. Mais ajoutons que cette fable étant un présent de l’antiquité, La Fontaine a cru devoir en conserver jusqu’au merveilleux qui outre la vraisemblance : comme sur certains antiques on laisse religieusement subsister la rouille qui les dépare.
Ajoutons que l’application de la Lime à un écrit n’est pas heureuse : la Lime sert à polir l’ouvrage, elle n’est pas l’ouvrage elle-même.

(1) On conte, C’étoit-là l’exorde ordinaire aux anciennes fables, observe le rhéteur Théon : par-là on sauroit l’invraisemblance du récit.

(2) Je ne crains que celles du temps. Non, divin La-Fontaine ! le temps même n’a rien de redoutable pour l’écrivain qui te ressemble. Sans doute, il détruit tout, et ses ravages sont rapides autant qu’inévitables : mais tout son pouvoir expire contre les monuments du génie, » Rien, dit un philosophe, ne peut leur nuire : aucune durée n’en effacera ni n’en affoiblira le souvenir, et le siècle qui le suivra et les siècles qui s’accumuleront les uns sur les autres ne feront qu’ajouter encore à la vénération qu’on aura pour eux : Nec poterit ferrum nec edax abolere vetustas.

Les Fables de Lafontaine analysées par Charles Aubertin, 1891

Esope, FF. 271 et 187. — Phèdre. l. IV, F. 7. Vipera et Lima.

1. Obole. L’obole était une monnaie grecque valant quelques centimes. Ce l’ut aussi une monnaie française, du temps de Louis V11I, saint Louis. Philippe le Bel. Il y avait des oboles de cuivre, d’argent, d’or. L’obole de cuivre valait la moitié d’un denier, quelques-uns disent le quart. Or, le denier était la douzième partie d’un sou.

2. Impriment leurs outrages. Expression pleine de force et de justesse. Boileau a dit :

L’envie animée.
Attachant a ton nom sa rouille envenimée. (Ep. VII, 43.)

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