jeudi, février 21, 2019

Valéry Derbigny

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Valéry Derbigny (1780-1862), homme de lettres, fabuliste, né en 1780 et décédé en 1862 – Chevalier de la Légion d’honneur et Membre des sociétés académiques d’Anvers, Aras, Bordeaux, Douai… etc… – Directeur des domaines de premières classes en retraite.

FABLES :

  1. Le Bouton de Fleur
  2. Le Chien du Député
  3. Le départ des Mouches
  4. Le Fauteuil
  5. Le Corbeau et le renard
  6. L’Aigle et les Moissonneurs
  7. Le Chat et Moineau
  8. La Gloire et l’Ombre
  9. La Virgule et l’Apostrophe
  10. La Gamelle du Chien
  11. La Marguerite et la Pervenche
  12. Le Taureau et le Cheval

Notice sur Derbigny ou D’Herbigny : (extraits)

le-chat-et-le-moineau-derbigny

…M. Derbigny a voulu aussi courir cette aventure, et il faut reconnaître qu’il l’a souvent fait avec succès. Ses fables se distinguent par un ton de bonhomie qui convient parfaitement au sujet. Elles ont aussi le mérite, bien rare de nos jours, d’un style pur et d’une versification élégante. Vous leur reprochez des digressions fastidieuses ; je ne suis pas tout-à-fait de votre avis. La fable ne craint pas la digression ; au contraire, elle s’y complaît. C’est même souvent par cette voie qu’elle fait parvenir ses vérités à leur adresse. Voyez Lafontaine : il ne se presse jamais d’arriver ; il s’amuse volontiers en chemin ; comme Montaigne, il aime à s’esbattre dedans ses discours. Mais ses causeries, je dirais presque ses bavardages, ne l’empêchent pas d’atteindre le but ; elles l’y conduisent même d’autant plus sûrement, qu’on ne s’aperçoit pas des ennuis du voyage. Ainsi procède M. Derbigny : il est quelquefois prolixe, mais il n’est jamais long.
…Quant à moi, je ferais peut-être un autre reproche à M. Derbigny : ce sont les allusions dont ses fables fourmillent. En cela, il a cédé, comme tant d’autres, à la maladie de l’époque. Quoiqu’il ne l’ait fait que dans les meilleures intentions, pourtant ses vers, si innocents, en prennent quelquefois un caractère agressif qui les fait ressembler à des machines de guerre, et ils perdent souvent en solidité ce qu’ils gagnent en actualité. Je sais que l’allusion peut se justifier par les meilleurs exemples.
…Mais, il est un agrément que vous n’avez pas connu et que je m’empresse de vous signaler : c’est celui qu’on éprouvait quand on entendait M. Derbigny lire ses fables. J’ai dit lire, je me suis trompé, j’aurais dû dire parler. En effet, ce n’était pas une lecture ; c’était mieux que cela : c’était une délicieuse conversation qui fascinait, quoiqu’on en eût, et qui allait droit au cœur. Il y a manière de dire même les meilleures choses. Eschine, lisant à ses élèves le discours de son rival et les voyant ravis d’admiration, s’écriait : « Qu’auriez-vous fait, si vous l’aviez entendu lui-même ? » Ainsi pour M. Derbigny ; s’il plaît quand on le lit, il enchantait quand on l’écoutait.

Par M. LECESNE, PRESIDENT.
Mémoires de l’académie d’Arras, Volumes 32 à 33, 1860.

 

  • Fables, contes et autres poésies, par Valéry Derbigny… Plon frères (Paris) – V. Hebert et Cie (Nouvelle-Orléans) – 1853 .