mercredi, février 20, 2019

Édouard Bricon

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Édouard Bricon, homme de lettres, auteur, poète, fabuliste et imprimeur libraire, né en 18?? et décédé en 18??.

Maximes et réflexions:

  • C’est surtout de nos parents et de ceux que nous traitons d’amis que nous sommes jaloux : on dirait que leur élévation nous abaisse.
  • L’amitié est semblable, à l’amour maternel : elle a pour l’objet aimé des dévouements qu’elle n’aurait pas pour elle-même : peu la comprennent, moins encore la pratiquent.
  • Plus la religion est tolérante plus elle est agréable à Dieu et utile aux hommes.
  • La vie est une longue corvée. Retranchez de la vie les heures de sommeil, les heures d’ennui, les heures de souffrance morale et physique, et dites-moi ce qu’il en reste pour le honneur.
  • L’amour de l’homme est sans bornes parce que lui-même est sans fin, et c’est dans la pensée de son immortalité qu’il trouve son bonheur présent et ses espérances d’avenir.
  • Les religions diffèrent entre elles; mais il est des vertus qui appartiennent à toutes : l’honneur, la fidélité, le dévouement, la piété filiale, l’amour de la patrie, etc., ce sont celles-là surtout que nous devons pratiquer.
  • On se rend utile et on fait le bien par bonté d’âme, en vue du ciel; mais surtout par vanité ou avec l’espoir d’une récompense en ce monde.
  • Il nous semble toujours que nous sommes dignes du bien qui nous arrive; aussi jouissons-nous moins des faveurs du destin que nous souffrons de ses rigueurs. Nos prospérités, et même l’adversité des autres nous paraissent une juste répartition de la justice divine, ou la conséquence de nos mérites réciproques. Nous raisonnerions autrement si les rôles étaient intervertis.
  • On dit que l’habit ne fait pas le moine : cela est vrai ; mais on salue plus l’habit que le moine. J’ai connu des gens qui me saluaient ou ne me saluaient pas, selon que j’étais bien ou mal mis. J’en ai connu qu’un éloge d’eux dans un journal, un salut de prince, un ruban à la boutonnière, rendait inabordables. Cependant le jour de leur distinction ils ne valaient pas plus que la veille.
  • Je suis riche, puisque j’ai au delà de ce qui est nécessaire à mes besoins ; je suis heureux, puisque je me passe aisément de ce que je n’ai pas.
  • Qu’un autre éprouve une perte d’argent, cela nous touche peu, et nous sommes étonnés du chagrin qu’il en éprouve. Cependant nous sommes souvent plus affligés nous-mêmes pour des pertes moindres.

 

  • Fables et poésies nouvelles, par Édouard Bricon, Paris 1845